Minus & Gadouille Minus & Gadouille

 

 


La pièce paraissait soudain plus sombre. La colère des sorcières était si terrible que les lutins s’affaissèrent lentement sous la table.
La citrouille restait stoïque. Son sourire s’agrandit encore un peu plus et elle finit par répondre simplement : Il semblerait bien, oui.
Un certain découragement saisit les sorcières et balaya d’un coup leur colère. Minus et Gadouille en avaient tout de même profité pour atteindre discrètement la porte d’entrée.
Les sorcières se retournèrent :
— Mais restez ! Prenez le thé avec nous maintenant que cette méprise a été élucidée.
— Non, non merci, lança Gadouille la main sur la poignée de porte, nos amis nous attendent.
— Nous vous avons laissé vos affaires, précisa Minus en désignant le couteau et le pilon abandonnés sur la table.
— Et votre dîner ?, demanda une sorcière.
— Gardez tout, répondirent ils dans un souffle et ils étaient partis.

Cette nuit là, Minus et Gadouille arrivèrent bien en retard sous le châtaignier. Les animaux avaient apporté à manger aussi ne manquèrent ils de rien. Ils racontèrent leur aventure, mais leur amis eurent du mal à les croire. Ils restèrent persuader qu’ils avaient inventé cette histoire pour leur faire peur. D’autant plus que les jours suivants, ils retrouvèrent la clairière mais jamais la chaumière ni son jardinet clôturé.
Ainsi demeura le mystère des deux sorcières et de leur nonchalante citrouille.
Et depuis cette nuit, accroché dehors sur la poignée de porte de la cuisine des lutins, on peut voir tout un chapelet de couverts dorés.